relations d'ordre général

Publié le par céline

J'ai rencontré il y a peu cette fille, appellons-là Hulk (oui, Hulk).
Je vous vois venir, avec vos petits yeux avides et vos pensées déplacées : alors, alors? Hulk hein ?
Mais vous vous fourvoyez, bande de furets.

Je l'ai rencontrée récemment à une espèce de réunion à laquelle je vais toutes les semaines, et je me suis vue à travers elle.
Elle était nouvelle, à ces réunions, tout comme moi, par ailleurs.
Je lui ai donc parlé, parce que nous sommes des animaux sociaux, n'est-ce pas ?
Elle me répondait d'une voix peu assurée. Elle ne me regardait pas. Elle posait des questions, mais toujours à côté de la plaque, et dont elle n'attendait pas vraiment de réponse, en plus. Elle se tordait les mains et tripotait son jean. Elle était nerveuse. Car timide.

C'est extraordinaire ce que la vue de cette fille m'a rappelé comme situations.

Je suis moi-même une grande timide. C'en était maladif, et j'avais peur des gens, avant. Je faisais tout ces trucs qu'on a honte d'avouer avoir fait pour ne pas me faire remarquer,  pour rester transparente, surtout.
Je ne donnerai qu'un exemple, que vous saisissiez le pathétique du truc: quand j'allais en cours, et qu'il y avait une pause entre deux matières, tout le monde sortait discuter ou fumer avec ses amis.
Moi j'allais m'enfermer aux toilettes, parce que je ne voulais pas qu'ils voient que je reste seule dans la classe, ou que je n'avais pas d'amis, parce que ça, c'est assez singulier, et tout le monde se serait souvenu de moi comme de la-fille-qui-n'avait-pas-d'amis-et-qui-restait-seule-comme-un-rat-crevé-dans-la-salle-à-la-pause. Vraiment. Et là, oui, j'ai honte de vous avoir avoué l'avoir fait.

C'était un véritable enfer, pour moi, d'être toujours sur le qui-vive, à éviter toute situation périlleuse, et à faire en sorte que personne ne calcule mon aura, ce qui est utopique, quand même.
En effet, quel que soit l'endroit où je vais, et ceci s'est exacerbé depuis que je suis en France, on me remarque. Je ne sais pas pourquoi, mais ça ne loupe pas, on me remarque.
Même dans la rue, quand je marche, même si je ne fait rien d'autre que marcher, les gens, qui n'ont je suppose rien de plus intéressant à foutre, me regardent. Ils se retournent, même, parfois. De génant, c'en est passé à franchement dérangeant, limite vexant.
Puis je me suis rendue à l'évidence: les gens me regardent, je ne sais pas pourquoi, ils me remarquent, donc autant m'affirmer un peu, histoire qu'ils ne restent pas avec cette image de nana pathétique.

Et j'ai essayé. J'ai commencé à parler en public, à tenir des conversations, à appuyer mes points de vues. Et plus j'y allais, plus je comprennais que les gens ne sont que des gens, et que ceux qu'ils pensent, après tout, on s'en fout. La majorité des interactions sociales (j'ai dit la majorité, hein, attention !) que tu entreprends avec ton entourage, tu t'en carres, car ça ne servira à rien d'autre qu'à te sentir exister un instant. Ce n'est qu'une formalité. Mais une formalité nécésaire, car il faut passer par ce cap pour approfondir les rapports que l'on souhaite approfondir.

Et je suis devenue quelqu'un qui parle et existe, qui ne compte pas pour du beurre.

Ca fait bizarre, parce qu'au fond, je suis toujours aussi timide, aussi, quand les lumières se braquent sur moi quand je ne m'y attends pas, il y a toujours ce moment où je rougis et où je bégaye un "euh...hum" des plus convaincants.
Mais quand je me suis préparée à la situation "interaction sociale", alors là, je suis à bloc. Je discute, je souris, je regarde les gens (wahoooo), et ça fait un bien fou.
C'est comme un jeu, c'est excitant, c'est un peu de la manipulation.

Bien sûr, quand je rentre chez moi et que je me rends compte que tout ça, c'était chouette, mais que ça n'a servi à rien -un peu comme quand tu te mets grave la gueule et que tu ne choppe rien à part une gueule de bois d'enfer le lendemain- je déprime devant la vacuité de la vie.
Mais je me dis que ça aurait pu être pire.
J'aurais pû être comme Hulk que personne ne calcule quand elle dit dit quelque chose, car elle même n'y croit pas.

Hulk, sache que je soutiens.


et que je te dédicace en chanson Léa, de Louise Attaque, non pas parce que tu n'es pas méchante, mais putain, chiante, non, c'est juste ce que j'écoute pour le moment.








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